Nour aime les glaces

J’ai passé une dizaine de jours en Toscane avec famille et amis, fin septembre. J’ai pris la photo qui a servi de base à ce pastel avec mon téléphone. La lumière à contre-jour était magnifique et dessinait parfaitement le visage de Nour. J’ai immédiatement su que j’avais dans la boîte LA bonne photo pour un portrait au pastel.

La pièce ci-dessous devait servir de répétition générale avant d’entamer le tableau définitif. J’ai utilisé du carton gris, recouvert de peinture acrylique puis de gesso. Plus j’avançais, plus je sentais que je tenais quelque chose : j’ai employé pour la première fois sur un portrait la technique que j’emploie sur mes paysages : un mille-feuille de teintes séparées par de fines couches de fixatif. Le mouvement de la main était libre, les couleurs venaient naturellement. Visuellement, il y avait un aspect “peinture à l’huile au couteau” qui me plaisait bien. C’était très beau, mais il me fallait me rapprocher un peu plus de la Nour que je connais. Donc, modifier certains détails… Et là, à trop vouloir rentrer dans l’image, je me suis un peu égaré dans les détails et perdu l’aspect peinture à l’huile… On peut retrouver le rendu initial en observant les mains. Je me suis également perdu dans les versions et retouches de retouches, j’ai bien senti que le support exprimait une certaine lassitude… Qu’à cela ne tienne, certains endroits ont été recouverts à nouveau de gesso… Didier 1, support 0.

Nour aime les glaces - Pastel sec sur carton et gesso - 42x33cm - Octobre 2014 - 500€
Nour aime les glaces – Pastel sec sur carton et gesso – 42x33cm – Octobre 2014 – 500€

 

Ferdinand

Je passe des heures, avant chaque peinture, à parcourir ma photothèque à la recherche de LA bonne image à peindre. Pour des tas de raisons, une bonne photo ne fait pas forcément une bonne peinture. Pour la douzaine de portraits que j’ai pour l’instant peins, je n’ai jamais été totalement satisfait des images qui m’ont servi de modèle.

Au hasard de mes pérégrinations sur le web, à trois heures du matin, je suis tombé sur le site d’une artiste australienne, Vicki Sullivan, et j’ai soudain vu la lumière.  Mes prochains portraits seront réalisés à partir de photos studio où je pourrai adapter exactement l’éclairage à  l’atmosphère que je souhaite représenter : des ambiances à la fois classiques, solennelles, graves.

Mes fils Ferdinand et Felix ont inauguré cette nouvelle façon de travailler avec une séance de pose agréable, détendue et productive. J’ai tiré au sort celui qui aurait le privilège d’être maltraité le premier.

J’ai fait quelques essais sur différents papiers, et vraiment, les papiers « spécial pastel » ne sont pas adaptés au portrait. J’ai opté en définitive pour du papier à grains Clairefontaine. J’ai été totalement satisfait de mon choix, ce papier permet beaucoup, le pigment adhère bien, la soufflette est inefficace mais la gomme n’abime pas le papier. Finalement, j’ai l’impression que le tableau est moins vulnérable aux aléas des secousses, du transport ou des maladresses. Rassurant !

FERDINAND, PASTEL SUR CLAIREFONTAINE À GRAINS 38 X 54 CM – MAI 2014
FERDINAND, PASTEL SUR CLAIREFONTAINE À GRAINS 38 X 54 CM – MAI 2014

 

Faith

Après le portrait de Charles, je me suis senti prêt pour réaliser un deuxième portrait de Faith. Certains de ceux qui lisent ce blog l’ont connu, nous étions mariés ; elle est décédée il y a aujourd’hui vingt mois. Le précédent portrait, réalisé il y a tout juste un an, ne m’avait pas satisfait. Celui-ci est plus conforme avec ce que je voulais obtenir. 

D'après une photo prise à Londres, Noël 2005
D’après une photo prise à Londres, Noël 2005

 

Charles

J’ai utilisé pour ce pastel une photo de mon ami Charles, prise dans le restaurant familial à Liège, Autour du monde.

J’étais resté plutôt dubitatif, après le stage de Gwynneth  Barth, quant à l’intérêt de faire poser le modèle pour réaliser son portrait au pastel. Je préfère utiliser une photo. Mais je me suis également aperçu lors de ce stage que passer son temps à zoomer sur l’image à l’écran pour voir les détails n’était pas satisfaisant. J’étais donc plutôt impatient de tester la façon de résoudre ce problème que j’avais imaginée : afficher à l’écran le visage aux mêmes dimensions que sur le papier et s’interdire de zoomer ; mesurer les dimensions sur l’écran, à l’aide d’une bande cartonnée comprenant  deux repères correspondants à la distance qui sépare les yeux. Cette valeur (à peu près 9 cm, ici) est divisée en trois sous-divisions égales. Tout est donc mesuré à l’aide de cette bande comprenant quatre repères, les valeurs de la bande cartonnée étant ensuite reportées sur le papier. Ce dispositif hyper simple est complété par l’utilisation de repères verticaux et horizontaux sur l’écran.

Je me suis senti à l’aise avec cette façon de procéder. Je suis revenu au papier spécial pastel Mi-Teintes Touch blanc, (papier spécial pastel, donc), après avoir utilisé au stage de Gwynneth  Barth le papier plus généraliste Mi-Teintes couleur cachou. Je trouve que les deux fonctionnent également bien. Une stagiaire d’origine suisse m’avait fait découvrir à Tournus les produits Caran d’Ache. Je leur ai commandé le set “portraits” comprenant vingt crayons et vingt craies carrées super dures aux teintes chair. Elles m’ont été précieuses. L’équilibre des couleurs sur une peau d’Européen est une des choses les plus complexes qui soient. Comme je ne suis pas très à l’aise sur les teintes à utiliser et leur interaction, l’usage de ces pastels durs permet de faire évoluer ces teintes de façon imperceptible.

Mi-Teintes Touch blanc 40x40cm
Mi-Teintes Touch blanc
40x40cm