Selfies rapides

 

Selfies ::: pastel sec

Pour me libérer de la tension et des doutes que ‘Chérubins » avait suscité, me suis lâché sur ces six esquisses rapides (1/2h à 2h par pastel). L’idée étant de faire « one pastel a day » et de voir à quel point je pouvais m’écarter du photoréalisme sur un portrait.

Enfin, j’ai vu la lumière sur le dernier essai :

Didier le pastelliste ::: 20x30cm

Lucignano

Pastel sec sur Pastelmat - 50x37cm - Novembre 2014 - 400€
Pastel sec sur Pastelmat – 50x37cm – Novembre 2014 – 400€

À un niveau technique, ce pastel représentant la Toscane du sud était intéressant par l’aspect si différent qu’ont les différents arbres. Par ailleurs, il est clair que le sujet principal est le groupe de bâtiment, et que la masse de verdure sert d’écrin. Il pouvait donc être judicieux de ne pas décrire trop précisément ces arbres tout en les rendant crédibles : un pin parasol doit rester un pin parasol, un olivier doit rester un olivier.

J’ai utilisé du Pastelmat blanc. Mais je suis revenu travailler le ciel terminé avec de la gesso, tamponnée avec un pinceau, pour donner plus de présence et d’irrégularité au ciel. Les arbres ont été abondamment griffés avec du papier de verre de différents grains, ce qui m’a permis de fondre les différentes teintes, et d’apporter de la complexité. Il y a 10 000 façons différentes de ne pas décrire trop précisément un objet placé dans un tableau. C’est amusant d’analyser comment la qualité et l’importance du “flou” arrivent à rendre —ou pas — la matière de cet objet. Les arbres du premier plan en bas à droite doivent avoir le bon contraste et les bonnes teintes pour être perçus comme étant des arbres, mais cela ne suffit pas : le peintre doit agir de telle façon que le spectateur recrée l’objet en mettant à contribution sa mémoire visuelle.

Montreuil, chemin de l’Epte (5)

“On” me dit que j’accumule les versions de chaque pièce peinte. Vrai, et ça ne me ressemble pas vraiment, tant j’ai envie d’avancer et de peindre des choses nouvelles. Mais il y a parfois frustration quand une œuvre est terminée, que je sens que ce n’est pas loin d’être bon… mais que ce n’est pas ça.

“On” me dit également que je ne suis pas souvent satisfait de mes pastels. Billevesées ! Quel serait l’intérêt de peindre s’il n’y avait pas exigence de progression et de qualité? Il me reste beaucoup de progrès à faire. C’est ce qui donne du sens à cette activité.

Ici, j’avais envie de progresser sur cette vue emblématique de mon village. La version précédente, non publiée ici, était un test sur du papier aquarelle (je suis toujours à la recherche de supports possédant dans leur aspect des irrégularités qui m’aident à structurer la peinture). J’ai repris cette technique, employée par Degas, qui consiste à superposer les teintes en les isolant les unes des autres à l’aide de fixatif. Un peu à la façon des calques de Photoshop, finalement. Quel visionnaire, ce Degas !

Finalement, je suis tout à fait satisfait par cette cinquième version. Pour autant, je ne peux vous garantir que c’est la dernière !

Pastel sec sur carton et peinture acrylique blanche - 50x36cm - Octobre 2014 - 400€
Pastel sec sur carton et peinture acrylique blanche – 50x36cm – Octobre 2014 – 400€

Goudargue

Centième post sur ce blog ! Champagne ! Sauf que, peut-être, il eut mieux fallu que ce numéro 100 concerne le pastel précédant, “Les barrières” ou le prochain… Je ne suis pas totalement satisfait de celui-ci. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Cinq versions au total. Je joins exceptionnellement la photo qui a servi de modèle. Très jolie photo, que, pour autant, je ne peux plus voir en peinture.

Où est le problème ? La photo est riche, trop riche, sans véritable point où porter le regard. Je savais tout ça et je gardais l’image sous le coude depuis deux ans, attendant d’être prêt…

Bref, j’ai eu énormément de mal à rendre le pastel lisible et à retranscrire ce moment si spécial de fin d’après-midi un beau jour de novembre ( la ville de Goudargue est située dans les Cévennes).

L’image était difficile à simplifier. Je me suis attaché à alléger les bâtiments, les rendants plus homogènes côté couleur. Un canal trop sombre n’allait-il pas plomber l’atmosphère ? Finalement, non, si on le rééquilibre en fonçant également le feuillage… etc., etc.…

PASTEL SEC SUR CANSON MI-TEINTES TOUCH BLANC – 38X50CM – AOÛT 2014
PASTEL SEC SUR CANSON MI-TEINTES TOUCH BLANC – 38X50CM – AOÛT 2014
Goudargue, novembre 2011
Goudargue, novembre 2011

Bords de l’Epte, février

La parenthèse travaux lourds terminée, j’ai été plus qu’heureux de reprendre mes bâtons. Cette image représentait un challenge, avec ses tourbillons d’eau, ses branches et ses feuilles… J’ai utilisé pour la première fois le Mi teintes Touch épais, il ne gondole pas, ce qui permet d’assurer le trait.

L’image a des contrastes forts, et je voulais conserver cette propriété, en contradiction avec le pastel où la poudre se dépose partout et atténue les contrastes. J’ai essayé d’être parcimonieux et économe avec mes craies, spécialement sur les arbres. J’ai pensé résoudre le problème en peignant ces éléments.  Les branches ont donc été peintes à l’aide de pinceaux d’aquarelle : en bas de la feuille, (verticale sur le chevalet, comme d’habitude), j’ai disposé du papier de verre sur lequel je frottais le bâton de couleur adéquate. Le papier de verre remplace la palette, j’y ai fait mes mélanges. Avantage supplémentaire, je peux obtenir un bord net et ne pas laisser de vide entre les grains du papier.

PASTEL SUR CANSON MI-TEINTES TOUCH BLANC 59 X 40 CM

 

La vallée de l’Epte

Ce pastel était à l’origine à but formateur et devait être exécuté à quatre mains, mais mon élève a finalement préféré me regarder travailler. J’avais choisi une image simple, une vue prise il y a exactement un an, avant que le soleil se couche, mais je me suis laissé prendre au jeu et je me suis amusé à jouer sur les contrastes, les complémentaires et les nuances. Je regrette de ne pas avoir minoré la taille des collines situées à l’horizon, bien qu’elles aient cette importance dans la réalité. Il est amusant de jouer à mettre en valeur une zone, ici la zone intermédiaire. Mais j’ai pris également du plaisir à rendre les labours, leur matière, bien spécifique, m’a posé pas mal de problèmes.

MI-TEINTES TOUCH BLANC 30X45CM
MI-TEINTES TOUCH BLANC
30X45CM

J’expose au 14eme Salon d’Arts Actuels de Magny-en-Vexin. L’exposition dure du samedi 23 novembre au jeudi 28 novembre 2013.

Le salon se déroule à la salle des fêtes, de 14 à 18h. L’entrée est libre.