Stage de portrait à Tournus

J’ai participé il y a huit jours au stage de portrait au pastel de Gwenneth Barth. Il y avait en fait quatre stages différents, organisés par la Société des pastellistes de France : nu, portrait, nature morte et paysage, animés respectivement par Sylvain Loisant, Gwenneth Barth, Chris et Sophie Amauger.  Nous étions huit autour de Gwenneth, et deux modèles féminins se relayaient pour poser.

La dizaine de portraits que j’ai dû peindre jusqu’à ce stage étaient tous réalisés à partir de photos affichées sur mon ordinateur. C’est rassurant, le modèle ne bouge pas, on peut zoomer sur lui, on a la possibilité de lui superposer une grille qui permet de s’y retrouver (plus ou moins) dans les proportions… Mais la définition de l’image peut être pourrie, la lumière abominable, la pose anecdotique… Beaucoup de différence avec un modèle qu’on aura placé avec soin, qui va prendre l’air inspiré d’un poète tourmenté sous un éclairage à tonalité théâtrale.

Cependant, je ne suis pas certain d’être emballé par cette façon traditionnelle de pratiquer le portrait. Le modèle est loin, prendre les proportions du visage, un œil clos, le bras tendu, et un pinceau entre le pouce et l’index me paraît manquer singulièrement de précision.  La distance est un autre obstacle et tout le monde, y compris Gwenneth, s’approchait du modèle pour saisir un détail, ou comprendre comment la lumière tournait sur les volumes du visage.

Cette remise en cause de la façon traditionnelle de travailler sur un portrait ne m’empêche pas d’être ravi d’avoir pu profiter des conseils de Gwenneth. Il m’est difficile de préciser ici comment, tout au long de ces quatre jours, on accumule peu à peu conseils et expérience, comment on apprend à abandonner telle ou telle mauvaise habitude.

Ci-dessous, les trois modèles sur lesquels nous avons travaillé. Un stage implique des modifications permanentes de l’œuvre, l’enseignant passant corriger, effacer, reprendre, ce qui est en cours. Ces travaux de stage ne sont que de l’entrainement ; vite, un nouveau portrait pour mettre en pratique tout ça.

Les Barrières, coté ouest

Ce pastel a été réalisé à Puycelsi, dans la menuiserie fermée pour cause de vacances, d’après une photo prise la veille. Il y a un endroit, à gauche du potager d’Agnès, où on n’est jamais déçu par le spectacle offert au coucher du soleil. J’ai voulu travailler dans le style du précédent pastel, sans trop coller à la photo. Je n’ai pas eu de problèmes particuliers avec le sol, les arbres dans l’ombre, au premier plan, et les arbres les plus éloignés, légèrement bleus. Mais le sujet principal, ces deux arbres très violemment éclairés par le soleil, posait problème. Les couleurs sont totalement saturées et je n’arrivais pas à faire « tourner » la lumière pour en décrire les formes. Le lendemain, j’ai été faire un tour dans les pastels de Charles , mon camarade pastelliste, et je lui ai emprunté LE jaune qu’il fallait (un Schmincke). Ce bâton, à la couleur pourtant si proche de tout ce que j’avais avec moi, à réussi à me permettre de terminer le tableau sereinement.

Moralité : un bon pastelliste ne doit jamais hésiter à claquer du pognon pour compléter son nuancier !

MI-TEINTES TOUCH CANSON BLANC – 56X42CM
MI-TEINTES TOUCH CANSON BLANC – 56X42CM